TVnomics

12.11.04

Bye bye Blogger, bonjour TypePad

Après une semaine sur Blogger, je craque.

TVnomics est donc désormais sur TypePad.

Je pensais naivement que Blogger racheté par Google était au point. Bof bof entre le profil incapable de se mettre à jour, le template CSS à modifier à la main, les invitations à d'autres contributeurs qui disparaissent, etc...Si Google est devenue la marque numéro 1 aux Etats-Unis, ce n'est pas le cas dans la blogosphère.

L'export étant très compliqué à faire automatiquement, les commentaires et les trackbacks vont disparaître, sauf mise à jour de leurs auteurs sur le nouveau TVnomics (en les remerciant par avance de cet effort).

Murdoch, Bush & Powell (pas le père, le fils)

Une question l'autre jour : "Ou se trouve l'intéret de Rupert Murdoch de soutenir Bush au delà du raisonnable ?". Voici un élément de réponse. G.W. Bush a nommé dès son arrivée à la Maison Blanche le fils de Colin Powell, Michael K. Powell, à la tête de l'organisme de régulation, la Federal Communications Commission dont le domaine d'intervention recouvre à la fois celui du CSA et de l'ART. La FCC depuis 2001 a adopté une politique visant à assouplir un certain nombre de mesures anti-concentration relatives aux médias, les Media Ownership Rules. L'une des règles assouplies est la règle de l'audience nationale maximale des réseaux nationaux de télévision hertzienne. En juin 2003, la FCC a autorisé les grands networks à être propriétaires de chaînes TV locales couvrant non plus 35% de l'audience nationale, mais 45%. Cette décision permet à un network de posséder en propre 2 chaînes TV locales dans les grandes villes américaines. Elle donne le signal aux networks, dont FOX membre du groupe de Rupert Murdoch, qu'ils peuvent acheter des chaînes TV locales supplémentaires dont la profitabilité est très attractive (40%). Autre assouplissement servant directement les intérêts de News Corporation : la fin de l'interdiction à un groupe média de posséder sur un même marché local, une chaîne TV et un journal. News Corporation va pouvoir développer son activité presse aux Etats-Unis qui était limitée au seul New York Post. Le soutien du groupe Murdoch à l'administration Bush n'est donc pas seulement idéologique, mais sert bien évidemment ses intérêts économiques et financiers. Je vous recommande ce long article du New Yorker sur Michael Powell et l'histoire récente de la FCC.



11.11.04

La TNT expliquée simplement

par Dominique Baudis qui a livré hier une interview à Radio Classique d'une grande clarté => En écoute audio ici.

10.11.04

TVHD va va VOOM

Les débats franco-français sur la TNT ont mis la TVHD sous la lumière des projecteurs. Pourtant, peu de monde parle des résultats très mitigés du bouquet de télévision en TVHD lancé en octobre 2003 aux Etats-Unis : VOOM. 26.000 abonnés fin septembre 2004 avec un nombre d'abonnés en décroissance depuis fin juillet, un nettoyage en octobre de la base d'abonnés des abonnés gratuits, un taux de churn de plus de 30% et une perte de 75 M$ au Q3 pour un CA de 6 M$. Voilà une première année plutôt chaotique pour le bouquet lancé par le câblo-opérateur Cablevision. Il est vrai que la tarification cherche ses marques entre le mode sans engagement et le mode avec un an d'engagement, entre le modèle de vente [500 $] et le modèle d'abonnement [200 $ + 10$/mois] (cela ressemble beaucoup au mode de commercialisation de Tivo en 2000-2001). Pourtant, VOOM propose en complément de ses 21 chaînes HD (dont une chaîne sportive diffusant l'UEFA Champions League et la Liga espagnole) 80 chaînes "normales" du câble. Mais VOOM doit faire face à deux mastodontes du satellite : DirectTV & EchoStar. Bref, la nouveauté sur le satellite aux Etats-Unis en 2004, ce n'est pas la TVHD, mais la radio payante (j'en parlerai une prochaine fois).

La newsletter de Tracy Swedlow sur le web

Cela fait 5 années que Tracy Swedlow édite son excellente newsletter consacrée à la télévision interactive. La richesse de sa lettre est à l'image de la vitalité et du dynamisme de la télévision numérique & interactive dans les marchés US et UK, marchés beaucoup plus matures que ceux d'Europe Continentale. Sa dernière publication est disponible : Part 1, Part 2, Part 3.

9.11.04

Glowria vs VOD : 1-0

Le site de location de DVD Glowria fête son 1er anniversaire. Ce site français réplique le même modèle que le site américain Netflix (2,2 millions d'abonnés, taux de churn de 5.5%). Le PDG de Glowria, Mihai Crasneanu, révèle quelques chiffres sur son blog qui laissent supposer une consommmation de 7 DVD par mois par abonné actif (similaire à celle de Netflix 6,6). Cet usage dépasse de très loin ce qu'on peut trouver en Vidéo à la Demande. Selon la filiale d'UGC Europe, Arrivo On Demand, les taux de consommation en NVOD et VOD (monthly buy rates) sont respectivement au mieux de 1 film par mois par abonné et de 2.5 films par mois par abonné. La performance de Glowria interpelle d'autant plus que son catalogue ne comprend aucun film pour adulte, genre qui constitue plusieurs dizaines de % des ventes en PPV et VOD. ( je remercie Mihai qui a l'amabilité de parler de TVnomics sur son blog).

Murdoch 30 Malone 17

Voila l'état possible des rapports de force entre la famille de Rupert Murdoch et John Malone dans le capital de News Corporation. Au moment où Rupert Murdoch délocalise son groupe d'Australie vers le Delaware, John Malone (le Darth Vader de la communication) lance une opération pouvant porter à 17% la part de Liberty Media dans le capital de News Corporation. Débarrassé de la grenouille :-) Vivendi Universal, les deux entrepreneurs peuvent s'affronter ou s'allier. Ces manoeuvres capitalistiques auront beaucoup plus de conséquences que toute les spéculations faites autour de la montée de Bolloré dans le capital de Havas. En France, News Corporation contrôle l'éditeur vidéo 20th Century Fox et fournit la technologie interactive embarquée dans les décodeurs de Canal Satellite & NC Numéricâble; Liberty Media contrôle Noos&UPC France, et fournit la technologie interactive embarquée dans les décodeurs TPS, Noos, UPC France, France Telecom Câble.

7.11.04

La Peur, les Marques et le Divertissement

Alain Rousso, directeur du développement de l'agence de design HotShop, vient d'écrire un excellent éditorial en introduction du numéro 2 d'HSP, magazine d'analyse des tendances actuelles. Ci-dessous une reproduction des meilleures lignes dont on verra l'application immédiate à l'industrie de l'audiovisuel.
(...)
Les certitudes s'effritent, les paradigmes s'inversent. Face à ces changements, quel est le modèle économique viable si ce n'est la peur elle-même érigée en système de gestion et de prévision ? Peur de rester libre, peur d'être absorbé, peur de rester seul, peur de vieillir...
Une peur prête à se réfugier derrière n'importe quelle norme pourvu qu'elle soit partagée par tous. Normes communautaires, normes commerciales, normes technologiques, normes morales. Les marchés de la grande consommation n'échappent ni à cette angoisse, ni à cette pathologie normative. (...)
Tous n'ont d'autre choix que de converger vers un centre où tout dangereusement communique. Alimentaire, Cosmétique, Mode, Sport, Technologies battraient désormais d'une même pulsation.
En acceptant le diktat autoritaire de ces normes, les marques acceptent d'être co-locataires d'une même technologie, d'un même désir ou chaque opérateur s'étrille pour en devenir l'incarnation finale.
Qui de Taillefine ou de Clarins sera le plus capable de flatter mon désir de jeunesse ? Qui de Play Station ou de Décathlon sera le plus à même de canaliser mon besoin de défoulement ? Chaque norme tisserait donc des jonctions physiques ou technologiques entre des marchés jadis éloignés. Pendant qu'Actimel fusionne en un même geste alimentation et médecine, le DVD réaliser la jonction entre le home cinéma et la Hi-Fi.
(...)
La convergence des marchés fait peser sur les marques les mêmes ultimatums qu'un élargissement de capital sur l'actionnaire : tous deux sont mis en demeure d'augmenter leur périmètre commercial ou financier sous peine d'être disqualifiés.
Aujourd'hui, preuve est faite qu'une marque ne doit plus son succès à ses seules qualités objectives. A son insu s'agrége, s'agglomère à elle, une diversité d'éléments culturels, comportementaux, technologiques qui tout en la rendant sans cesse plus compatible avec la planète, la rend plus banale sur son propre terrain. Son savoir-faire dont jadis tous les clients s'extasiaient, désormais ennuie, bienvenue dans la vie point chiante.
Dans ces conditions le rôle d'un aliment est-il toujours de nous nourrir, celui d'un divertissement de nous divertir ?
Faute de cet examen de conscience, la majorité des marques pourrait rapidement se trouver dans la situation d'un Club med, d'un Canal+ ou d'un Mc Do ayant manifestement confondu cycle de vie produit et cycle de vie marché. Il n'est pas loin le temps où Rank Xerox, autre victime de cette évolution s'autoproclamait fièrement the document company, la société du document. Quel intérêt à devenir le leader d'un marché qu'internet va démoder ?
Ces sociétés ne savent manifestement plus quel maître servir : un besoin ? Un désir ? Une technologie ? ... Ces hésitations se traduisent par une incapacité à savoir de quel marché elles veulent se rendre maître.

6.11.04

Episode III Teaser Trailer Preview for Hyperspace Members

C'est le début du teasing sur Internet de la sortie de l'épisode III de Star Wars. Georges Lucas démontre une fois de plus sa capacité à gérer la rareté et à travailler au corps sa base de fans en réservant aux personnes enregistrées sur starwars.com la toute 1ère bande annonce de Revenge of the Sith. Elle est cependant disponible via le blog de Nicolas Halftermeyer. Pour les fans qui auront vu la seconde trilogie en salles, l'addition dépassera les 300 euros rien que pour la consommation cinéma+vidéo (3 entrées salles + coffret VHS 1ère trilogie + coffret VHS 1ère trilogie remasterisée + coffret DVD 1ère trilogie + coffret DVD 2nde trilogie + les éditions collector à venir très certainement). Pour avoir une vision de l'étendue des produits dérivés associés à l'univers Star Wars, il suffit d'aller faire un tour sur le site de l'éditeur Dark Horse Comics.

5.11.04

Les médias ont-ils compris Google ?

Après plus de 2 semaines à regarder les 7 DVDs du coffret de la saison 2 de 24 Heures, le téléspectateur fait face à une question insoutenable (ATTENTION SPOILER) : le président David Palmer est-il mort au début de la saison 3 ? Tel un internaute moyen, il fait sa recherche sur Google (+"David Palmer" +"Saison 3"). Surprise sur la 1ère page de résultats, ni trace des sites de l'éditeur vidéo, ni des deux diffuseurs français. Pire encore, on découvre un site Bittorent (voir l'opinion de Rodrigo sur BitTorrent) financé par des sites pour adultes où l'on peut trouver les versions pirates des épisodes de la saison 3 diffusés actuellement sur Canal+. Le téléspectateur-internaute se dit qu'avec la même recherche en anglais, il aura plus de chance. Si on trouve bien rapidement le site UK de la FOX, aucune trace du site officiel américain. Finalement, le seul qui semble avoir compris le référencement pour Google est Amazon.com qui place la fiche de la série d'Internet Movie Database et la mise en vente du coffret DVD dans les 4 premiers résultats de Google. Etonnant non ?